Modèle n°35 - Outre l'Altoséquanais, l'Altoséquanaise et dans trente-deux mots exactement les fidèles lecteurs de cet espace feutré à l'intention des gens beaux et intelligents, personne ne sait que l'Altoséquanais est appelé ainsi parce qu'il vit dans le département des Hauts-de-Seine. Au hit-parade des humains les plus détestés à travers le monde, les Altoséquanais arrivent largement en tête devant les Parisiens du seizième arrondissement et de la partie sud du dix-septième arrondissement (qui sont en fait des Altoséquanais qui s'ignorent), et devant les Bordelais, les Lyonnais et les Varois, ce qui n'est pas une mince affaire. Les Parisiens, les autres, les vrais, sont hors classement puisque Paris étant le centre de l'univers, la critique à son égard ne saurait être autre chose que l'expression de la jalousie et de la rancoeur et donc cela ne compte pas.
Tous les Altoséquanais sont des crapules répugnantes sans aucun sens de l'humour exerçant l'activité d'agent immobilier ou d'avocat d'affaires tandis que toutes les
Altoséquanaises sont mères au foyer. Tous les Altoséquanais aiment profondément l'argent comme les asticots aiment profondément la viande avariée. Ils y naissent, ils y vivent et c'est le moment
que je préfère, à la différence des asticots qui deviennent des mouches, ils y meurent, léguant à leur progéniture agences immobilières, cabinets d'affaires et fortunes familiales acquises de
façon totalement douteuse sous l'occupation, car tous les Altoséquanais ont collaboré avec les Allemands, toutes les Altoséquanaises ont couché avec les Allemands, et toute l'engeance
altoséquanaise à été tondue à la libération. Depuis cette époque trouble ou troublée c'est pareil, tous les Altoséquanais roulent en 4X4 allemand et la simple vue de ce type de véhicule
immatriculé 92 (qui est, je le précise à l'intention des nombreux malcomprenants et autres provinciaux qui se trouvent parmi nous, le code attribué au département des Hauts-de-Seine) inspire chez
l'homme sage la plus profonde haine, provoque urticaire, diarrhées et vomissements et conduit souvent à des passages à l'acte incontrôlés tels que strangulations, décapitations et autres tueries
de masse à la feuille de boucher.
Du côté de la mode, les choix esthétiques de l'Altoséquanais dépassent l'entendement et sa normalité caricaturale est une faute de goût. La chemise parme est une
faute de goût et ses manches retroussées sont une faute de goût, la façon innommable de nouer un pull au marine hideux autour des épaules jusqu'à ce que mort s'ensuive est une faute de goût, la
coupe et la couleur du pantalon de villégiature sont une faute de goût, la montre d'une qualité suisse synonyme de l'époque de sinistre mémoire que l'on sait est une faute de goût, les lunettes
de soleil sont une faute de goût, la coupe de cheveux est une faute de goût, les chaussures sont une faute de goût, sa femme, les cheveux de sa femme, les lunettes fumées de sa femme, la doudoune
de sa femme, le foulard à pois et la taille des pois de sa femme, le pantalon blanc de sa femme, les baskets monstrueuses de sa femme et le manque total de discernement en matière de goûts de sa
femme sont une faute de goût, et la tumeur du cerveau qui sanctionnera à terme l'utilisation quasi obsessionnelle d'un téléphone portable par l'Altoséquanais en toutes circonstances est une faute
de goût.
De manière générale, l'Altoséquanais est une faute de goût et le lecteur altoséquanais de Madre la Pipa ne nous facilite pas la tâche.
(Photo: José)
Faute de goût
Publié dans : Collection Madre la pipa - Par José Fistman - Lire les 1 commérages - S'exprimer en toute impunité

Afin de ne pas être
repérée sur le chemin de la Poste par un agent en civil de Jésus-Christ qui pourrait lui présenter la croix et l'anéantir en deux temps trois mouvements à même le boulevard, une garde-robe trop
axée autour des concepts encore mal compris d'atroce souffrance et de mort violente est à proscrire absolument. Mais adopter les codes actuels de la séduction afin de se fondre de manière
efficace dans la masse des nombreuses femelles qui, en cette saison particulièrement, mettent au monde la matière qui servira aux sacrifices de l'hiver prochain, ne signifie pas renoncer
totalement à une éthique personnelle où le noir occupe une place globalement assez prédominante, ce qui n'est finalement pas plus moche que le vulgaire motif floral trop lavé faisant plus penser
au foie de militaire alcoolique vomi avec le cassoulet de la veille qu'aux jardins de Claude Monet à Giverny.
La fête des amoureux
est chaque année l'occasion de prouver la puissance de ses sentiments envers l'être cher à travers deux moments principaux: le don matériel et le don séminal. Mais est-il réellement nécessaire de
se ruiner en joailleries inutiles et sous-vêtements précieux comme preuve d'amour? Non bien sûr.
La veste en mouton dépourvue du moindre bouton superflu pour ne pas laisser penser au monde de la mode présent au rayon des carottes râpées du dailymonop' que l'on s'encombre de tels
questionnements, couvre à peine un petit haut léger un brin échancré permettant à l'organisme d'être en osmose avec l'environnement climatique immédiat, au-dessus d'un collant dont la fonction
principale est de dissimuler une jambe pour le moins gracile ne s'encombrant pas de questionnements. Les bottes en cuir d'agneau ne protégeant pas d'une humidité dont on n'aurait de toute façon
pas l'idée de se questionner couvrent toutefois l'ensemble du mollet pour une bonne stabilité de la jambe en cas de brise fortuite.




